Bien sûr, la CGT et l’intersyndicale avaient déjà promis de faire du 5 novembre prochain le théâtre d’une grande mobilisation pour l’industrie, les salaires et contre le projet de budget porté par le gouvernement. Mais les événements du 17 octobre, lors de laquelle au moins 800 000 Français ont défilé dans le pays pour l’école et le pouvoir d’achat malgré la réponse policière très violente et les débordements, et la cécité de l’exécutif face aux revendications du mouvement social en cours ont poussé les curseurs un peu plus loin. Ainsi, ce mercredi 21 octobre, à la sortie d’une rencontre infructueuse à Matignon avec le Premier ministre, Sébastien Lecornu, les organisations de l’intersyndicale ont exprimé leur colère. Devant la presse, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a lancé : « L’heure est venue de franchir un cap. La grève doit prendre le relais. C’est pourquoi la CGT, avec l’intersyndicale, appelle à la mobilisation la plus large possible le 5 novembre ».
« Il faut que les travailleurs et les travailleuses organisent des AG partout, sur tous les lieux de travail, avec tous leurs collègues, dans tous les services, pour généraliser la grève le 5 novembre et après », a-t-elle poursuivi. « Quand les travailleurs et les travailleuses s’arrêtent, le pays s’arrête, l’économie est bloquée et nos revendications seront entendues », a-t-elle encore fait valoir.
Les « gilets rouges » mobilisés pour le 24 octobre
Ces revendications qui n’ont rien d’un mystère, et dont Sébastien Lecornu n’a tenu aucun compte au cours de la réunion d’après elle, la secrétaire générale de la CGT les a listées : « d’abord celles des organisations de jeunesse », avec la fin de Parcoursup, des moyens pour les lycées, pour les universités ; puis celles des travailleurs, soit des solutions contre la vie chère, l’augmentation immédiate du smic de 10%, l’augmentation immédiate du salaire des fonctionnaires, le blocage des prix, l’indexation de tous les salaires sur les prix. Sophie Binet, qualifiant le rendez-vous avec le chef du gouvernement de « catastrophique », a encore chargé le projet de budget : « Nous avons interpellé le gouvernement sur son projet de budget dangereux pour des millions de travailleurs et de travailleuses. Le gouvernement nous fait les poches, et va taxer les malades, geler les prestations sociales, faire baisser le revenu de tous. C’est un budget de récession, un budget scandaleux car il nous prépare un été 2027 encore pire que le 2026 ».
Seul point placé au crédit de la rencontre du jour, l’engagement pris par le Premier ministre de recevoir les organisations lycéennes et étudiantes pour ouvrir, enfin, le dialogue et peut-être esquisser une sortie de crise. Une rencontre à laquelle il n’a toutefois… fixé aucune date à ce stade.
En attendant, la pression ne risque pas de retomber avant la journée de grève nationale du 5 novembre. En effet, la coordination des Gilets jaunes a déposé ce 21 octobre une demande en préfecture pour défiler dès ce samedi 24 octobre à Paris, de Bastille à Opéra. Un cortège qui connaîtra de nombreuses répliques dans les régions et villes de France et auquel beaucoup d’étudiants et de travailleurs devraient se joindre à nouveau. Sophie Binet a d’ailleurs appelé à l’étoffer au nom de la CGT : « Pour le 24 octobre, la CGT prendra toutes ses responsabilités. Nous appelons tous nos militants à enfiler leurs gilets rouges pour que les jeunes, les travailleurs puissent revendiquer leur droit à manifester. »