« Non au permis de tuer ! » : des milliers de manifestants en France contre la loi sur la présomption de légitime défense des forces de l'ordre

Plus de 10 000 personnes, flanquées des formations de gauche, ont défilé dimanche 20 septembre à Paris, Marseille, Lyon ou encore Toulouse contre la proposition de loi sur la présomption d'usage légitime des armes par les forces de l'ordre revenant, comme l'ont souligné les manifestants à « un permis de tuer ». Outre les forces politiques progressistes, ces manifestants répondaient à l'appel de nombreuses organisations de défense des droits humains, dont Stop aux violences d'Etat, Amnesty International ou encore la Ligue des droits de l'Homme (LDH), mais aussi syndicales, au premier rang desquelles la CGT, ou le Syndicat de la Magistrature. « Nos vies méritent d'être vécues, pas abattues - Non au permis de tuer! », « Plus de pouvoir = plus de bavure », pouvait-on lire sur les pancartes dans la capitale, où ont défilé des milliers de personnes, et à Marseille, où elles étaient quelques centaines, selon des journalistes de l'AFP. La manifestation a rassemblé 4500 personnes à Lyon et 3700 à Toulouse, selon les préfectures. La proposition de loi, votée le 7 juillet par les députés, prévoit que « lorsqu'ils font usage de leurs armes », policiers et gendarmes « sont présumés avoir agi » dans le cadre de la loi. Cette présomption pouvant « être renversée par tout élément de preuve contraire ». Les manifestants entendent donc s'opposer à l'adoption définitive de ce texte qui doit encore être examiné par le Sénat. Un refus et des craintes Dans le détail, les critiques de cette proposition dénoncent un risque de « permis de tuer », arguant que des enquêtes sur la conformité des tirs policiers vont être affectées voire empêchées. « On craint que les violences policières ne s'accroissent encore avec cette loi », explique, dans le cortège à Marseille, Cédric Picard, 48 ans, d'Amnesty International.   Aujourd'hui, ce « permis d'exécuter (...) veut inverser la charge de la preuve », affirme à Paris Amal Bentousi, sœur d'Amine, un braqueur tué par un policier d'une balle dans le dos en 2012 en Seine-Saint-Denis. Au-delà, les manifestants craignent que ce soient les personnes « issues de familles modestes » et des minorités qui soient « les premières victimes ». L'opposition au dispositif ne se réduit pas aux cortèges de ce week-end. Ainsi, plus de 150 organisations, dont des collectifs locaux mais aussi des partis politiques comme le Parti socialiste, Les Écologistes ou La France insoumise, ont signé l'appel « Stop aux violences d'État » contre cette loi.

Par AFP
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Publié le 20 septembre 2026
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Manifestants le 20 septembre 2026 à Paris contre la loi de présomption de légitime défense. Crédit : Geoffroy Van Der Hasselt / AFP

Plus de 10 000 personnes, flanquées des formations de gauche, ont défilé dimanche 20 septembre à Paris, Marseille, Lyon ou encore Toulouse contre la proposition de loi sur la présomption d’usage légitime des armes par les forces de l’ordre revenant, comme l’ont souligné les manifestants à « un permis de tuer ».

Outre les forces politiques progressistes, ces manifestants répondaient à l’appel de nombreuses organisations de défense des droits humains, dont Stop aux violences d’Etat, Amnesty International ou encore la Ligue des droits de l’Homme (LDH), mais aussi syndicales, au premier rang desquelles la CGT, ou le Syndicat de la Magistrature.

« Nos vies méritent d’être vécues, pas abattues – Non au permis de tuer! », « Plus de pouvoir = plus de bavure », pouvait-on lire sur les pancartes dans la capitale, où ont défilé des milliers de personnes, et à Marseille, où elles étaient quelques centaines, selon des journalistes de l’AFP. La manifestation a rassemblé 4500 personnes à Lyon et 3700 à Toulouse, selon les préfectures.

La proposition de loi, votée le 7 juillet par les députés, prévoit que « lorsqu’ils font usage de leurs armes », policiers et gendarmes « sont présumés avoir agi » dans le cadre de la loi. Cette présomption pouvant « être renversée par tout élément de preuve contraire ». Les manifestants entendent donc s’opposer à l’adoption définitive de ce texte qui doit encore être examiné par le Sénat.

Un refus et des craintes

Dans le détail, les critiques de cette proposition dénoncent un risque de « permis de tuer », arguant que des enquêtes sur la conformité des tirs policiers vont être affectées voire empêchées. « On craint que les violences policières ne s’accroissent encore avec cette loi », explique, dans le cortège à Marseille, Cédric Picard, 48 ans, d’Amnesty International.  

Aujourd’hui, ce « permis d’exécuter (…) veut inverser la charge de la preuve », affirme à Paris Amal Bentousi, sœur d’Amine, un braqueur tué par un policier d’une balle dans le dos en 2012 en Seine-Saint-Denis. Au-delà, les manifestants craignent que ce soient les personnes « issues de familles modestes » et des minorités qui soient « les premières victimes ».

L’opposition au dispositif ne se réduit pas aux cortèges de ce week-end. Ainsi, plus de 150 organisations, dont des collectifs locaux mais aussi des partis politiques comme le Parti socialiste, Les Écologistes ou La France insoumise, ont signé l’appel « Stop aux violences d’État » contre cette loi.

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