Au matin d’une nouvelle journée de mobilisation du mouvement des lycéens, et alors que son livre, Tout est à nous !, vient de paraître chez Gallimard, la secrétaire générale de la CGT a donné une interview au quotidien Libération. Après avoir noté le durcissement de la répression policière par rapport à sa propre expérience de militante au sein de l’Unef, notamment contre le contrat première embauche (CPE) en 2006, Sophie Binet a salué le dynamisme et la fraîcheur de la contestation, partie d’un lycée de Créteil (Val-de-Marne) à la mi-septembre. « Ça fait dix ans que les jeunes, plus encore que les travailleurs, sont traités comme des chiens […]. Malgré toutes ces difficultés, les lycéens ont un courage, une dynamique, une lucidité qui est géniale. »
Ce mardi 13 octobre marque aussi le début de l’examen du budget en séance publique à l’Assemblée nationale, qui fait une fois de plus la course à la réduction des dépenses publiques à grands coups de mesures vivement critiquées. Là-dessus, la syndicaliste s’est montrée formelle : « Maintenant, le dialogue à vide ne marchera pas. Il faut renoncer aux suppressions de postes, débloquer des moyens supplémentaires pour la rénovation et l’isolation des locaux, recruter des conseillers principaux d’éducation, des infirmières… »
Un « tour de force » de la contestation
Sophie Binet est revenue sur la mobilisation du 6 octobre, précisant que la présence des syndicats a forcé le gouvernement à la considérer comme un véritable mouvement social, et non comme de simples violences urbaines. « Des dizaines de milliers de militants et de militantes de la CGT sont venus avec leur gilet rouge, ont aidé les lycéens à déposer des parcours en préfecture. On a aussi ouvert nos locaux pour qu’ils puissent se réunir. » Un préavis de grève nationale a été déposé pour la journée du 13 octobre, comme c’était le cas pour le 6.
La secrétaire générale de la CGT s’est également réjouie de l’engagement politique des jeunes. Selon elle, le « tour de force » du mouvement des lycéens, qui est parvenu à rassembler des jeunes de tous les milieux, constitue un « message d’espoir » dans la lutte contre l’extrême droite. « Je vois les mobilisations actuelles comme un levier pour empêcher le RN d’accéder au pouvoir, car le bulletin de vote ne suffit pas : il faut ces dynamiques sociales. »